Dans un précédent article, je vous racontais comme cela avait été compliqué après la naissance de notre aînée E. Voici la suite :

Je commence à aller mieux 6 mois après le début de l’acceptation de ma dépression mais un nouveau coup dur vient me rattraper. Nous apprenons que mon père est gravement malade. Il accepte sans rechigner les traitements toujours plus lourds les uns que les autres, se bat, garde le moral…

De mon côté, mon projet professionnel aboutit enfin ! Me voilà MAITRESSE ! J’en ai tellement rêvée. Enfin une lumière dans ces derniers mois bien sombres. Peu de gens savent que je souffre de dépression post-partum. Alors que les médias, les livres, les articles que nous lisons partout parlent tous des mamans épanouies, de la beauté de la maternité, je ne suis que l’inverse. J’ai peur de me retrouver avec ma fille. Je me sens nulle souvent dans mon rôle de maman.

Peu après, j’ai un retard de règles alors que j’ai un stérilet. Sans doute trop de stress dû au concours, à la maladie de papa (ça m’était déjà arrivée)… Un test s’impose tout de même. POSITIF !!! OH NON ! Je ne veux pas revivre ça. J’ai déjà tout gâché avec mon aînée. Et papa qui est malade… Pourquoi ? Drôle de surprise !

Je vois mon gynéco 5 jours plus tard : pas d’erreur. Bébé est bien là, au bon endroit. Mon stérilet a bougé. Je suis en colère ! Pourquoi ? Pourquoi à moi ? J’ai déjà tellement merdé à la naissance de ma fille. Pourquoi recommencer ? Je suis fatiguée. Les vacances arrivent et nous remontons voir nos familles. 

Trois semaines après notre arrivée, mon père nous quitte. La maladie a eu raison de lui. Sa dernière parole sensée vers moi sera « Ne perds pas ton bébé à cause de moi. » Il l’aimait déjà tant ce bébé. Et moi ? Je n’en sais rien. Il m’est étranger face à cette souffrance que je ressens. Je l’oublie.

Tout en faisant mon deuil, j’apprends à l’aimer. J’ai toujours cette part en moi qui me dit qu’il m’a été envoyé par mon père. La grossesse s’est moins bien passée que la première. Beaucoup plus de fatigue, de contractions, de risque, d’arrêts de travail… et puis l’accouchement. Après deux semaines de faux travail, le vrai a enfin démarré. Tout s’est bien passé (avec une péridurale !! Cf 1er accouchement). Notre seconde fille est née.

Ce bébé, je ne l’attendais pas mais il m’a réconciliée avec l’accouchement et avec mon rôle de maman. C’est un bébé encore plus difficile que la première (que tout le monde trouvait facile en fait). C. pleure beaucoup. Elle a du mal à manger, a des colliques…

Mes séances chez la psy continuent. J’apprends beaucoup sur moi et sur mon grand manque de confiance en moi. La psy m’a expliquée que ma dépression venait de là. J’avais beaucoup idéalisé le rôle de maman.

Aujourd’hui, je vis toujours dans cette culpabilité des débuts avec ma première fille. J’apprends à la gérer. Je m’octroie du temps pour moi c’est important. Je sors avec mes filles, sans mes filles, avec une fille et pas l’autre, toute une organisation à trouver. J’essaie aussi de moins rechercher la perfection.

Alors pourquoi cet article ? Parce que j’ai eu honte et qu’aujourd’hui je veux faire passer un message à toutes ces jeunes ou futures mamans qui se sentent mal par rapport à ce qu’elles ressentent. La grossesse et la maternité sont de gros chamboulements dans nos corps mais aussi dans notre esprit. Nous avons le droit de vivre difficilement certaines choses et ce qui est important c’est d’en parler. Mon mari n’a pas compris. Je pense qu’il ne comprend toujours pas. Peu de gens comprennent en fait. J’ai trouvé quelqu’un qui a su m’écouter et je ne serais jamais assez reconnaissante envers cette sage-femme qui a su trouver les mots pour m’aider.

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