Après un emménagement à l’autre bout de la France pour vivre avec celui qui deviendrait mon mari, un joli mariage, 7 ans de vie commune, nous nous sommes décidés à avoir un bébé même si côté professionnel c’était compliqué. Cela faisait 5 ans que je galérais à décrocher le concours d’instit. En parallèle je faisais des remplacements dans l’éducation nationale, rien de très stable… Mais voilà, mon mari est plus âgé, a un salaire plutôt correct et trouve le temps long. Et puis, j’en avais tellement envie !

Nous nous lançons dans l’aventure bébé.

Je tombe enceinte rapidement (à peine 4 mois). Ma grossesse se passe à merveille. Chéri est présent, je prépare la petite chambre et les petites affaires pour bébé. Nous ne connaissons pas son sexe.

J’échoue pour la 5ème fois au concours alors qu’il ne me manquait qu’un point. Un zéro à l’oral sans explication… Je suis dépitée, énervée. Une semaine plus tard et alors que bébé est prévu dans seulement 3 semaines, j’ai mal… Chéri ne prend pas trop au sérieux mes douleurs. Nous partons tout de même à la maternité. Après 40 minutes de route, nous arrivons enfin et alors qu’on allait me renvoyer chez moi, je perds les eaux. (voir le récit de accouchement éclair sur le blog)

Sur le chemin je m’effondre. Quelle douleur !!

Deux ans plus tard, je m’en rappelle encore…  Finalement notre fille naît en quelques poussées mais sa descente rapide me déchire. Elle va bien. Seulement, j’ai encore tellement mal. On me recoud à vif. S’en suit une hémorragie, une révision utérine, une rachi-anesthésie…

Les jours qui suivent sont difficiles. J’ai du mal à supporter ses pleurs, je me sens nulle. Je suis fatiguée. Mes parents me manquent (je les verrai 3 semaines plus tard). Je ne sais pas comment m’en occuper. Un psy de l’hôpital passe me voir. Je mets ça sur le compte de la fatigue, du baby blues, de l’accouchement rapide…

Les jours et les semaines passent.  J’attaque ma rééducation du périnée avec ce mal-être et choisi une sage-femme au hasard. Celle de mon suivi à la maison après la naissance ne me convient pas. Elle n’écoute pas, a 8 enfants et pour elle tout est facile alors que pour moi… non… 

La sage-femme me fait parler, me fait pleurer. J’ai mal et je m’en rends compte. Notre fille a déjà 5 mois et je n’ai jamais pu en parler. Je mets toujours mes pleurs sur le compte de la fatigue. C’est normal non quand on vient d’avoir un bébé ? oui… et non !  Elle détecte vite que quelque chose ne va pas. On parle, je pleure, et puis je me dis que c’est normal.

Un jour, pendant une consultation,  elle me parle de dépression post-partum. Elle m’explique que c’est hormonal, que je n’ai pas à avoir honte. Je ne peux pas être comme ça. Je veux être une maman qui gère, une maman parfaite ! Je nie quelques jours… puis je me rends à l’évidence. Elle a raison !

Après 3 jours d’hésitation j’appelle la psy qu’elle m’a conseillée dans les difficultés de lien mère-enfant.

Le diagnostic tombe, je fais une dépression post-partum.

C’est dur à dire ! Dur à imaginer et encore plus dur à faire comprendre… Je me cache beaucoup.

Je commence à aller mieux quelques mois plus tard et je commence aussi à en parler. D’abord à mes copines enceintes, parce que je ne veux pas qu’elles sombrent comme moi. J’en parle à mes frères aussi. Mes parents étaient au courant et même si je crois qu’ils n’ont jamais compris, ils m’ont soutenu dans ce passage de ma vie difficile.

J’en parle un jour à une copine déjà maman et sa réaction me glace. Elle ne comprend pas qu’on « puisse parler comme ça de son enfant parce que c’est la chair de notre chair et qu’on doit l’aimer ». Je ne la vois plus. Elle n’a pas compris.

Parler m’a beaucoup aidé. Des mois de thérapies à apprendre sur moi-même. Le problème venait de moi. Pourtant je ne me sentais pas prête à avoir un autre enfant…

 

 

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