La matinée de ce jour de juin a été exactement pareil que toutes les autres. J’ai commencé à avoir mal au ventre et dans les reins vers midi mais je n’y ai pas vraiment prêté attention. En fait, j’ai appelé ma mère vers 14h et c’est elle qui s’est rendue compte qu’il devait s’agir de contractions parce que ça lui semblait assez régulier… Moi j’avais mal mais c’était loin d’être dramatique !

Je raccroche et en parle à mon mari qui n’y croit pas du tout. Il commence même à bricoler dans les toilettes !

En parallèle, on met en route un chronomètre pour contrôler tout ça et on a la confirmation que c’est assez régulier (contractions toutes les 4-5minutes). Après un bain, 2 spasfons et des douleurs assez inconfortables, je décide finalement d’appeler la mater vers 15h qui sans hésiter me dit de venir et de prendre mes valises au cas où…

Le trajet est long et douloureux (40min) mais on arrive enfin au bout. On se gare, on marche jusqu’à l’hôpital et là, plus de contractions ! Mince on est venu pour rien ! Mon mari qui râlait déjà avant de partir parce qu’on allait perdre l’après-midi pour rien me dit que puisqu’on est sur place, autant faire un contrôle ! La sage-femme nous installe en salle d’examen et m’examine : mon col est à 2 doigts, long et postérieur, bref ce n’est pas pour aujourd’hui ! Par précaution, elle me fait faire un monitoring et me fait patienter.

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C’était douloureux quand même…

 

Vers 17h, alors que j’étais allongée, je dis à mon mari que j’ai l’impression de me faire pipi dessus (sensation vraiment bizarre !) mais c’est assez continu et je comprends vite que je perds les eaux.

J’appelle la sage-femme qui confirme que de ce fait je reste, et que les prochaines heures vont être longues vu que mes contractions ne sont pas très fortes et pas tout à fait régulières. Je me prépare à l’idée que bébé sera là d’ici demain !

Au bout de 20 minutes, on m’installe dans ma chambre. Entre 2 contractions, chéri va chercher les valises laissées dans la voiture alors que les sage-femmes me parlent de bain chaud, d’exercices au ballon pour me soulager… Perdant du sang, j’appelle pour qu’on m’examine et la sage-femme m’annonce que je suis déjà à 6 ! Il s’est pourtant passé à peine une heure depuis ma perte des eaux. Je comprends mieux pourquoi je souffre autant !

On m’annonce que je vais aller tout de suite en salle de travail et qu’on va me poser la péri. J’attends qu’on vienne me chercher et je me mets en route doucement. Le couloir est interminable… 2 contractions me plient en deux et la 3ème me fait m’écrouler par terre. Les sage-femmes viennent me chercher en fauteuil roulant et l’une d’elle prononce une phrase qui me fait rire aujourd’hui : « Vous inquiétez pas, on a le temps, on a encore du col »…

On m’installe vite en salle de travail et la sage-femme du bloc m’annonce qu’en fait, rien que la traversée du couloir m’a faite passer de 6 à 10 ! C’est déjà le moment de pousser ! Et là le drame, la phrase que je ne voulais pas entendre à ce moment-là : « Par contre madame, je suis désolée, mais il va être trop tard pour vous poser une péridurale. ». J’ai regardé mon mari et je lui ai dit que je n’y arriverai jamais. Lui, était tout chamboulé, bouleversé par le fait qu’il était impuissant pour pouvoir soulager ma douleur.

Les sage-femmes me rappellent ce que je vais avoir à faire et me voilà en train de pousser. Je n’ai aucune idée du temps que ça a pris. 10, 15 minutes, peut-être moins ou peut-être plus. C’est à 19h25 que notre poupette nous a rejoints soit à peine 3h30 après mon arrivée à la maternité.

20130622_222349 Je me souviendrai toujours de la sensation lorsque ma poupette est sortie et a été posée sur mon ventre. Je me sentais sereine tout à coup et fière d’avoir réussi. Mon mari ne faisait que pleurer. Il était si fier lui aussi ! Il dit même qu’à ce moment mon visage s’est illuminé. Je crois surtout que j’étais soulagée !

Nous étions tellement bien que nous n’avons même pas pensé à demander le sexe et ce sont les sage-femmes qui nous ont dit « Mais vous ne regardez pas ? ». C’est fou comme ça me titillait de savoir pendant toute la grossesse et à cet instant, je n’y pensais même plus !

Mon mari a regardé et c’est en larmes qu’il m’a dit « C’est une petite E. (prénom choisi)»

De nouveau, l’émotion est montée d’un coup. C’était magique ! J’avais une fille, une ptite poupette !

Mon mari s’est occupé d’elle pendant qu’on me faisait les points et qu’on me pratiquait une rachi-anesthésie pour explorer mon utérus car j’ai eu un petit souci au moment de la délivrance… Je les voyais tous les deux : un papa tenant sa fille et s’en occupant avec attention. Je n’ai fait que pleurer pendant l’intervention !

On m’a remonté en chambre à 1h du matin et nous avons passé la nuit à la contempler…

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